Que ces petits jeunes viennent du paradis, on n'en doute pas un instant à l'écoute de ce disque magnifique. Cette petite merveille est le fruit du travail d'Andy Jerks et Corin Dingley, déjà colaborateurs sous les noms. Leur particularité est un goût très prononcé pour la musique des années 60, qui se ressent dans leurs compositions. Signé sur Melankolic, cet album se balade entre légereté pop et samples soul, au plus grand bonheur des amateurs de trip-hop glamour.
Morceau après morceau, on découvre l'univers profondément cohérent d'Alpha, où le mélange de sonorités synthétiques (boites à rythmes, synthés vintages) et de sons naturels (la batterie sonne live, les cordes viennent d'Abbey Road), est particulièrement soigné. L'effet de cette recherche est saisissant: la musique semble si organique, comme sur le magnifique Sometime Later, que l'on serait prêt à abandonner tous ses préjugés sur les musique synthétisantes. Et en effet, la plupart des morceaux réussisent l'alliance d'un trip-hop enfin moins déprimé et de mélodies pop accrocheuses, héritage d'autres racines anglaises. Les titres Delaney, Back et Firefly résument bien cette réussite. Tout au long du disque, les voix de Wendy Stubbs, Martin Barnard, Helen White s'accordent harmonieusement aux univers sonores que tissent progressivement les deux visionnaires passéistes. Les quelques instrumentaux présents ici et là contribuent aussi à faire de cet album une réussite exceptionelle.
Quoi qu'il en soit, cette alchimie séduisante où l'on croise aussi de nombreux samples (Michel Legrand, Francis Lai, Burt Bacharach...), n'est donc à manquer sous aucun pretexte, pour tous les déçus du trip-hop trop sombre et de la pop ennuyeuse. Un album qui restera.
Florian, 04/1998
Melankolic/Virgin, 1997
My Things
Rain
Sometime Later
Delanay
Hazeldub
Slim
Come Frome Heaven
Back
Nyquil
Apple Orange
With
Firefly
Somewhere Not Here