Chez Warp, on a l'esprit ouvert ces temps ci. Après le folk minimaliste de Vincent Gallo, le nouveau Antipop Consortium débarque sur le label electronica pour chambouler les préjugés. Mais pourquoi sortir un groupe de rap sur un label electro ? Parce qu'il ne s'agit pas de n'importe quel groupe de rap...
Visiblement, les trois garçons ont eu envie d'échapper aux formats hip-hop actuels. A grand renfort de sons purement synthétiques, Antipop Consortium réinvente le rap électronique. Les premiers morceaux, avec leurs congas enregistrés live et leurs voix légèrement vocodées, font même penser à l'ancêtre Africa Bambatta. Mais loin de faire un retour à l'old school, les quatre rappeurs s'inspirent également des travaux récents en matière d'electro. Boucles ultra-découpées et dissonantes ou énormes basses de synthé construisent les bases pour des morceaux qui partent dans tous les sens. Mega en est le meilleur exemple: le track est stoppé en plein vol par des choeurs d'opéra... Et le morceau suivant laissera place à un solo de scat.
Mais Arrythmia n'est pas qu'une suite de délires sonores. L'atmosphère évolue tout au long de l'album, pour devenir inquiétante. Le rap puissant, soutenu par des beats syncopés, installe une certaine oppression sonore, à l'instar du morceau We Kill Soap Scum.
Un matériau sonore imposant et des compositions alambiquées font d' Arrythmia l'album d'un groupe de hip hop d'avant garde, libre, loin des modes et des formats.
Thomas, 06/2002
Warp/Pias, 2002
Congestion
Bubbles
Ping pog
Dead in motion
Mega
Silver heat
Ekg
Ghostlawns
2
We kill soap scum
Z st.
Traumm
Tron man speaks
Focused
Conspiracy of myth
