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Buck 65, Man Overboard

Man Overboard semble être un disque à part dans la discographie de Richard Terfry. Délaissant son label Metaforensics, sur lequel étaient déja sorti trois de ses albums, Language Arts, Weirdo Magnet et Vertex, et abandonnant le temps d'un Lp sa série Language Arts, il rejoint, pour quinzes morceaux (sans titres et dépourvus de toute autre information), les huit américainsfoutraques d'Anticon, qui partagent la même vision du hip-hop que le canadien.

Peut-être conséquence de la mort de sa mère, à qui est dédié l'ensemble de l'ouvrage, la production est ici plus brute qu'à l'habitude conférant àcertains titres un aspect beaucoup plus sombre, plus obscur, à l'image dutitre 4 bâti sur des beats lents et un ensemble de samples sourds quiconfèrent au morceau un climat inquiétant dans lequel le flow calme maisdéterminé du Mc vient amplifier l'atmosphère lugubre mais attirante del'ensemble. La voix du canadien est une des choses déroutantes de cet album où, bien que moins mise en avant que par le passé, elle reste néanmoins assez omniprésente pour surprendre l'auditeur, passant d'un flow rauque à des murmures, comme c'est le cas sur le titre 13, où mélée à une boucle de piano et des violons discrets, elle fait basculer l'album dans une tristesse splendide.

Le style plus traditionnel de l'artiste est néanmoins reconnaissable sur denombreux morceaux, comme les excellents titres 3 et Pants On Fire, mis en valeur par l'utilisation discrète mais judiscieuse de samples variés, ou le très old-school You Know The Science. On note également quelques morceaux plus atypiques qui contrastent parrapport à l'ambiance générale de l'album. Ainsi 3 Dimensional s'aventure dans des rythmes syncopés de drum'n bass tandis que le titre 6 nous plonge dans une atmosphère digne du 19ème siècle, à grands renfords de cuivres etbatterie jazz.

Pourtant certains titres sont (très) pénalisés par des instrumentauxintroductifs ou terminaux trop longs et trop abstraits pour immédiatementaccrocher l'auditeur, comme c'est le cas sur 3 Dimensional où, bien que la rythmique accompagnée de samples vocaux paraisse séduisante, elle ennuie en quelques minutes. On déplore également, et comme c'est le cas à chacune de ses sorties, que Buck 65 n'ait pas joint au disque les paroles de chacun des titres, tout aussi intéressantes et complexes que sa musique.

Man Overboard ressemble donc à une parenthèse dans la carrière de Richard Terfry. Assez surprenant, plus sombre et plus introspectif, cet album reste néanmoins un des classiques du canadien.

A noter que l'album a été réédité par Warner depuis la signature del'artiste sur la major: des titres ont été ajoutés (pas toujours en accordavec les informartions du site officiel d'ailleurs...) et la pochette à étémodifiée.

Guillaume Benard, 04/2002

Anticon, 2001

Buck 65, Man Overboard
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