Une légende (déjà), raconte qu'un ami de Day One, jeune duo de Bristol, Phelim Byrne et Doni Hardwidge, fit écouter une de leur démo à Massive Attack, qui voulut aussitôt les signer sur Melankolic. Les légendes, les contes, le chanteur et parolier du groupe y accorde un intérêt très particulier. Le hip hop n'est à ses yeux qu'une version plus actuelle et plus urbaine d'une tradition orale et chantée présente dans la culture irlandaise, dont il est en partie issu.
Ordinary Man est un savant dosage tout en finesse, de pop aérée et de hip hop. Un album sans aspérité sans accroc, qui se distingue, par sa simplicité, de certaines œuvres produites sur Melankolic. Day One réussit le pari de parler de la banalité sans être banal. L'originalité de leur composition et le timbre très identifiable de Phelim leur permet d'éviter l'écueil de la platitude et de la morosité. Et si les textes, inspirés du quotidien, évoquent l'ordinaire, le manque ou la frustration, au delà c'est du désir qu'ils parlent. Du plaisir aussi, et qu'il soit perdu Paradise Lost, intensément présent Bedroom Dancing, Walk Now Talk Now, ou en attente Waiting For Your Break, il offre la volupté nécessaire à cette album construit avec cet art consommé des britanniques le flegme et la retenue. Cette force canalisée, cette sensualité intimiste aboutit à des morceaux d'une excellente maîtrise de style et de registre.
Ordinary Man, son titre le suggère, n'est pas un album excessif, extrême, la musique de Day One n'est pas de l'explosion, elle a la force de l'implosion : effet de souffle somptueux.
Vérène, 09/2000
Melankolic/Virgin, 2000
Waiting For A Break
Bedroom Dancing
Walk Now, Talk Now
In Your Life
Trying Too Hard
I'm Doing Fine
Autumn Rain
Truly Madly Deeply
Love On The Dole
Paradise Lost
Ordinary Man
