Suite à Underground Vibes, la carrière de Dj Cam a vite décollé. L'homme qui fait pleurer les platines, comme on le surnomme, s'est vu bénéficié d'une petite notoriété dans toute l'Europe mais aussi d'un succès non-négligeable au Japon. Ce qui a bien évidemment précipité la venue de ce nouvel opus aux doux accents aquatiques, et immiscé son auteur dans le cercle très fermé de la french touch branchouillarde.
Substances a le mérite de bien porter son nom. Délaissant les samples un peu trop secs mais conservant toujours la même feutrine jazzy, Dj Cam s'essaie cette fois à des sonorités nettement plus électroniques. Il en résulte un second album plus végétal et qui se permet de nombreux écarts en dehors de sa ligne conductrice abstract hip-hop. Et si le sample demeure toujours la matière principale, il est agrémenté de nombreux sons et percussions synthétiques sortis tout droit de la banque personnelle du français. Cette atmosphère plus digitale distille un nouveau parfum sur son travail de plus en plus soigné.
L'album débute par son meilleur titre, l'envoûtant Friends And Ennemies, qui confirme toute l'affection que Laurent Daumail porte au jazz. Le morceau est peaufiné par des nappes électroniques et par des voix extraites de productions cinématographiques mystérieuses. La tradition trip-hop dans son aspect puriste est assurée par le old-school mais simpliste Hip-Hop Pionneers ainsi que par l'hymne Innervisions, à la basse entêtante. Mais Dj Cam a décidé de s'accorder une liberté plus large et de s'ouvrir à de nouveaux horizons. C'est ainsi que la chanteuse indienne Kakoli Sengupta vient poser sa voix orientale sur deux titres tribaux inégaux mais reconnaissables entre mille. Grand amoureux des dancefloors, monsieur Cam se permet également de placer un Sound System Children emprunt de house pour secouer un peu ses auditeurs. Et comble de l'audace, le mystique et torturé Twilight Zone achève l'album sur une vraie rythmique de drum'n'bass parcourue d'un violon classique et frénétique. Le reste du disque n'est qu'une succession d'interludes sans grand intérêt, ainsi que deux morceaux largement dispensables.
Bien trop court, agréable sans viser le statut de chef-d'oeuvre, Substances est tout de même un bon album et une pièce de choix dans la discographie de Dj Cam. Les mélodies sont recherchées, l'effort de diversité est palpable et le jazz omniprésent. Pourtant, il manque toujours à Substances ce petit grain de sel, cette folie contrôlée qui font de certains disques des monuments.
Amrith, 06/2002
Inflammable/Columbia, 1996
Intro
Friends And Enemies
Essence Part One
Meera (Featuring Kakoli Sengupta)
Essence Part Two
Sound System Children
Alexandra's Interlude
Innervisions
Essence Part Three
Hip Hop Pionneers
Essence Part Four
Lost Kingdom (Featuring Kakoli Sengupta)
Essence Part Five
Angel Dust
Essence Part Six
Twilight Zone
Outro
lyne, le 23/12/2002:
c du super bon son je me detends en ecoutant ce bon son j adore!!!!!!!!!!!!
bensound, le 28/11/2002:
album genial le titre twilight zone le violon sample est tiree de la bo d' entretiens avec un vampire ( pour info)
