New Forms

DJ Cam, The Beat Assassinated

Rien ne va plus pour Dj Cam.
A force de fréquenter les milieux de la french touch, de poser sur des compilations branchées techno et de se montrer en compagnie de ses comparses Bob Sinclar et Laurent Garnier, voilà que le dj parisien perd toute la crédibilité hip-hop qu'il avait mis tant de temps à bâtir. Très fâché, il doit réagir en conséquence et produire un album 100% rap afin de rappeler à un monde incrédule que ses racines sont hip-hop sinon rien.

The Beat Assassinated est un album de dur à cuire. Les percussions cognent sec, le tempo s'accélère, la mélodie est annihilée au profit d'ambiances urbaines sans concessions. Tout ce qui faisait le charme des précédents albums s'est envolé, laissant place à un hip-hop assez conventionnel et à de nombreux featuring peu captivants. Le message est clair dès le premier morceau, le brutal I Love Hip-Hop: Laurent Daumail ne fait pas de techno, et tout le monde doit l'admettre à travers cette série de scratches ahuris qui ornent le morceau.

Première règle pour faire un bon album de rap: recruter des rappeurs. Dj Cam a ses petites relations et donc il ne se prive pas pour inviter quelques guests sélectionnées par ses soins. Si aucun featuring de The Beat Assassinated ne restera réellement dans les mémoires, on citera néanmoins deux interventions plutôt réussies. Tout d'abord le mc Otis sur Hardcore Freestyle, titre pas forcément passionnant mais qui a le mérite d'innover en donnant dans la jungle mutante. Puis celle de Dadou, leader du groupe toulousain KDD sur un L'Invasion qui sonne en vérité comme n'importe quelle bonne production de hip-hop français.

A aucun moment le disque ne nous épate. La banalité de Baron Samedi ne provoque rien dans notre mental déjà si habitué à ce genre de rythmiques évidentes. Incontestablement, c'est l'imposant breakbeat Success, par ailleurs maxi clef de l'album, qui remporte la palme du meilleur titre de The Beat Assassinated. Ce mini-hit en puissance demeure toujours à l'heure actuelle l'un des morceaux les plus entraînants de Dj Cam, apte à faire remuer les têtes des plus difficiles d'entre nous. Malheureusement, la subtilité et le jazz ne sont plus la composante principale de l'ouvrage.

Au final, The Beat Assassinated déçoit. Sur cet album bien trop inégal, Dj Cam semble avoir donné priorité à son image et non plus à sa musique, amplifiant par là une mauvaise réputation qui l'accablait déjà depuis deux ans auprès de son public d'origine. Un disque à réserver aux fans inconditionnels de Laurent Daumail, les autres s'en passeront.

Amrith, 06/2002

Inflammable/Columbia, 1998

I Love Hip Hop
Broadcasting Live
Success
Renegade
Inside In A Mind
Danger Interlude
Raise Up
Hardcore Freestyle
Brooklyn
Interlude
L'invasion
Baron Samedi
Pressure

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