La quarantaine passée, on aurait pu penser que Hideaki Ishii aka DJ Krush allait s'orienter vers un son moins torturé, à l'image du bien nommé Zen qui frôlait parfois la niaiserie. Mais il semblerait que la démocratisation de la production sur laptop ait modifié ses plans de retraite. Abandonnant les bonnes vieilles méthodes hip-hop, Krush a donc transposé son univers sur macintosh.
Ce changement technique modifie radicalement le son autrefois vite reconnaissable du DJ. Le groove caractéristique de ses anciens tracks abstract hip-hop a laissé place à des beats froids, quasi industriels. Krush joue avec ses batteries syncopées, évoquant un mélange entre Amon Tobin, pour ce son organique surchargé et insaisissable, et Squarepusher, pour l'affolante précision des drums et des divers effets numériques qui parsèment les morceaux.
Comme à son habitude, le producteur convie quelques invités à poser leurs voix sur ses instrus. Sur Zen, c'était El-P de Company Flow qui l'accompagnait pour le très réussi Vision of Art. Cette fois, ce sont les rappeurs d'Antipop Consortium et ceux du label Anticon (Why ?, Dose One, Alias, Passage et Pedestrian) qui apportent une touche plus clairement hip-hop, permettant au passage à DJ Krush de prouver qu'il a toujours le sens du groove, même électrisé et synthétique.
L'album se déroule dans une atmosphère tendue, oppressante. Les morceaux s'étalent en des compositions plutôt linéaires. Mais les déluges d'effets et le travail du son ne parviennent pas toujours à soutenir des morceaux qui s'engourdissent vite. Des délires techniques très typés jungle s'enchaînent et font perdre peu à peu au disque son âme. Krush est un producteur remarquable, mais son penchant abstract et expérimental part vite en roue libre. En revanche, les morceaux rappés jouissent d'une meilleure cohésion et se révèlent être les meilleurs de l'album.
Même si certains morceaux sont plus réussis que d'autres (The Blackhole, Supreme Team, Song for John Walker) et malgré une surprenante excursion trip-hop (Aletheuo), le bilan est donc mitigé. Krush se remet en cause, mais donne parfois l'impression de ne pas savoir où il veut aller.
Thomas, 12/2002
show, le 05/05/2004:
Exellent album assez inaccecible au depart l'effort doit etre fait pour renter dans cette musique. mais une fois dedans il est absolument magistral tres gros travail....
Max, le 03/01/2003:
Je ne sais pas trop quoi penser de cette album dans son ensemble car je trouve certains morceaux vraiment pas terribles(en particulier les morceaux chantes de la fin) alors que d'autres sont vraiment excellents.Mon petit prefere etant quand meme trihedron qui est pour moi vraiment un des meilleurs morceaux du monsieur (qui n'est d'ailleurs pas tout seul pour ce morceau). Les morceaux plus hiphop avec antipop et anticon sont eux aussi tres tres bons.
Meme si c pas mon album prefere de Krush je pense que de toute facon il merite vraiment d'etre ecoute.
marc, le 22/12/2002:
moi contrairement a la critique qui en faite
je trouve que cet album est son meilleur album. J'ai mis beaucoup plus de temps a rentrer dedans et a l'apprecier mais le fait est que ces morceaux seuls sont tous eblouissants et sans limite.
(surtout Trihedron)
Je trouve la critique de l'album un peu reductrice parce que j'ai trouvé cet album tres inspiré et magique.J'ai retrouvé dans cet album quelque chose qui depasse le cadre technique, c'est peut etre interessant de sovoir qu'il a changé de matos mais je pense qu'il est encore plus interessant de savoir quelles emotions ce degagent de son album et avec quelle puissance elle ressort.
certains morceaux sont tres reussis( Trihedron, Aletheuo, Sanity requiem, D'you Hear That ?, Blackhole) et malgres que l'album soit inegal, le bilan reste tres tres positif.
dj yama, le 21/12/2002:
c un bon album, papy krush est toujours le meilleur.
Sony, 2002
Trihedron
Toki no Tabiji
Sanity Requiem
Supreme Team
Blackhole, The
Song for John Walker
D'you Hear That ?
Aletheuo (truthspreaking)
Lost Voices
But the World Moves On
What About Tomorrow
