DJ Shadow suscite au premier abord beaucoup d'interrogations. Comment ce jeune blanc bec, élevé au milieu du hard rock de surcroît, peut-il être responsable de l'un des albums les plus importants du hip-hop?
Dès les années 80, Josh Davis s'intéresse aux groupes pionniers du hip-hop. Alors que la plupart des jeunes de sa banlieue de San Francisco écoute Metallica et consorts, il ne jure que par Public Enemy, A Tribe Called Quest, Eric B & Rakim, Prince Paul...
Mais à travers ces groupes, c'est surtout une façon bien particulière de faire de la musique qui le passionne. Avec deux platines vinyle et un enregistreur rudimentaire, il s'initie à la composition. Reprenant le flambeau des pionniers comme Africa Bambaata, il ne pose aucune limite à ses compositions. Pour lui, le rythme est aussi important que la mélodie, et surtout, il puise ses samples dans n'importe quel style musical, à commencer par le rock.
Mais les vues éclectiques et exigeantes de DJ Shadow ne sont pas, en 1991, très en vogue. Après quelques productions confidentielles pour Holywood Records, il s'en va créer son propre label (Solesides), avec ses compères rappers de Latyrx et Blackalicious. Puis en 1993 paraît Entropy, une symphonie hip-hop ambitieuse qui tranche avec le reste de la production rap du moment.
James Lavelle, le jeune créateur du label Britannique Mo'Wax, repèrent Davis et fait paraître le maxi In/Flux. Ce single ravageur propulse DJ Shadow et Mo'Wax porte-paroles de "l'abstract hip-hop". Une musique instrumentale qui séduit à la fois les amateurs de hip-hop novateur que le public du rock indé ou de la musique électronique.
Après un album exceptionnel (Endtroducing), Shadow s'attellera au projet UNKLE, tout en poursuivant ses activités hip-hop sur SoleSides. Aujourd'hui, un nouveau label, Quannum, est venu remplacer ce dernier, lui donnant l'occasion de tourner avec de nombreux rappers.
Son deuxième album solo voit le jour en 2002. Avec une facilité qui frôle le génie, The Private Press dépasse toutes les attentes et confirme le talent du californien, au delà du public hip-hop et musique électronique.
Florian, 2002
