James Murphy, tête pensante de LCD Soundsystem et membre du crew de producteurs DFA, nous avait pourtant prévenu avec l'album de The Rapture, Echoes. Puisqu'il ne s'agit en effet que de cela, d'échos ressacés et de musiques passées. Murphy se livre donc sans vergogne à une imitation de Mark E. Smith de the Fall, sur fond de pulsations disco punk à la Public Image Ltd. Après l'ère du sampling, voici venue celle de la référence et du name-dropping, entre reprises éhontées et nostalgie pour un temps que les quarantenaires seuls connaissent.
Il est vrai que Losing My Edge, premier 45 tours du groupe, avait pour lui une énergie implacable, un sens de la retenue et de la frustration appliquée qui a fait bondir les cœurs de plus d'un clubber. On s'étonne d'ailleurs de retrouver une compilation des maxis précédents sur un cd bonus, aveu implicite des déceptions de l'album. Car il est évident que la sauce post-punk-funk dopée aux boîtes à rythmes ne prend guère plus, et qu'il n'y figure pas de hit apte à remuer les foules de 2005. Entre clin d'œil incongru aux Beatles et syncopes r'n'b, seul peut être le single Movement retrouve-t-il la vigueur effrontée qui avait fait la réputation du groupe.
Un indice à l'adresse des arpenteurs de la nuit est courtoisement dissimulé dans le titre d'ouverture, Daft Punk Is Playing at My House. Faudra-t-il attendre le retour prochain de la French Touch pour s'amuser de nouveau ?
Thomas, 02/2005
DFA/Labels, 2005
