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Super Numeri, Geat Aviaries

Super Numeri représente bien la volonté récente des dirigeants de Ninja Tune.
Après des années de hip-hop jazzy et de techno acide, le label semble s'orienter depuis 2002 vers un son de plus en plus acoustique, qui mêlé aux nappes électroniques en vigueur fournit de curieux mélanges teintés d'improvisation. Aux Homelife, Antibalas, Chris Bowden et autres Jagga Jazzist s'ajoute donc au label Great Aviaries, premier long-format de Super Numeri, après un maxi vinyl de présentation. Ce groupe atypique en provenance de Liverpool se distingue néanmoins de ses acolytes dans le sens où il est nettement moins festif et beaucoup plus concentré sur un spleen moderne et environnemental. En résumé, ceux qui attendent d'un disque qu'il soit dansant peuvent passer leur chemin.

C'est dans une catégorie musicale assez complexe, celle de l'ambient, que Super Numeri semble de prime abord se positionner. Groupe à morphologie variable, la bande livre sur son premier opus huit longues plages atmosphériques où instruments traditionnels côtoient synthétiseurs et samplers dans un même opéra profondément organique. Pour beaucoup et ceci à cause de clichés persistants, la musique ambient est synonyme de soporifique: Great Aviaries ne l'est pas. Les expérimentations sont audacieuses, le bruitisme combiné à des mélodies réelles et le rythme rarement absent. The Electric Horse Garden en tant que morceau d'ouverture résume parfaitement l'album, avec ses influences indiennes et ses notes parcimonieuses et abstraites. Sur Leisure Lakes, le groupe se fait beaucoup plus post-rock, tissant des filaments électroniques entre des murmures de guitare légèrement funkys. Super Numeri navigue également entre psychédélisme et BO sur le très réussi Flaurent Carmin aux sonorités célestes et aux échos lointains.

Le disque n'est pas dénué de curiosités intéressantes. Parmi elles un morceau avant-gardiste et beaucoup plus brutal, Beaks, dont les percussions industrielles ne laissent pas indifférent et démontrent la réalité d'un disque iconoclaste et quelque peu difficile d'accès. A l'écoute de l'ouvrage l'on se demande si celui-ci est finalement homogène ou au contraire très diversifié. L'esprit jazz refait surface durant Classic British Ponds, à renforts de charleston et d'ondes vibraphoniques enrobées de touches tribales. Les morceaux restants tendent à être du même accabit, ce qui signifie qu'apprécier un seul titre de l'album peut être la garantie d'aimer aussi tous les autres. C'est le principe de l'album-fleuve, sans hit évident.

Sur Great Aviaries, Super Numeri avait tout à prouver. Avec treize musiciens pour un seul projet, le résultat aurait facilement pu s'égarer et donner lieu à un disque sans intérêt. Heureusement ça n'est pas le cas: les morceaux sont efficaces, profonds et tiendront face au temps. Reste encore à ne pas être allergique à ce type de musique.

Amrith, 03/2003

Ninja Tune/Pias, 2003

The electric horse garden
When the sun dials
Beaks
Otter's pool
Leisure lakes
The ember love
Calssic britsh ponds
Flaurent carmin

Commentaires - Ajouter un commentaire

zaireeka, le 22/06/2004:
Un disque-univers, de plus en plus beau et profond au fil des écoutes

Super Numeri, Geat Aviaries
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