Définition
Racines et influences
L'Angleterre: un terrain propice
Les pionniers
Un mouvement sans frontières
Les nouveaux
Définition
Soul moderne, melting-pot à la croisée de tous
les genres musicaux des années 90, le trip hop s'impose
aujourd'hui comme un mouvement essentiel.
Né avec le début de la décennie, ce genre a pour base une rythmique hip-hop, sur laquelle viennent se greffer toutes sortes d'influences. Jazz, blues, musique de film, soul, rock, dub... l'éclectisme est de mise pour les "laborantins du trip-hop" (expression empruntée au quotidien Le Monde, dans son édition du 22 octobre 1996). L'important est d'experimenter, tout en faisant passer des "good vibes".
Racines
et influences
Pour mieux comprendre le trip-hop, il convient de revenir aux
créateurs majeurs du hip-hop, style né avec les
années 80: Africa
Bambataa, Public
Enemy, Eric
B & Rakim, A
Tribe Called Quest, Grandmaster
Flash, bref tous ceux qui définirent le rap. Une
grande partie des musiciens trip hop, dont l'incontournable
DJ Shadow (ou son alter-ego japonais
DJ Krush), se déclarent
très influencés par le travail de ses défricheurs.
La soul tient aussi une place très importante dans le trip-hop. Musique noire par excellence, c'est là que le trip hop a puisé tout son feeling, s'inspirant des plus grands: Isaac Hayes, Marvin Gaye et une grande partie des artistes des labels Motown et Stax.
Autre
influence importante, les musiques populaires symphoniques des
années 60/70 ou l'easy listenning, de Michel
Legrand à Quincy
Jones, en passant par Burt
Bacharach ou Erik
Satie. D'un point de vue plus expérimental, les travaux
de Brian
Eno ou Can
sont aussi des sources d'inspiration.
L'Angleterre: un terrain propice
A la fin des années 80, une vague électronique
groovy voit le jour en Angleterre. Le dub du label On-U-Sound
(du grand producteur Adrian Sherwood), la house déjantée
comme celle de Coldcut (le morceau Beats&Pieces) explosent alors en même temps qu'un nouveau phénomène:
l'acid-jazz.
Ce mouvement, qui mêle le funk, le jazz ne sera qu'une
mode (avec US3 ou les Brand New Heavies), mais préparera
le terrain à l'arrivée du trip-hop.
Les pionniers
L'un des actes fondateurs du trip hop est sans doute l'album
Blue Lines de Massive Attack,
qui parait en 1991, avec ses métissages imparables de
soul, de hip-hop et de reggae. La ligne directrice est donnée:
quelque part à Londres, un certain James Lavelle créé
en 1993 le label Mo'Wax et rencontre
Josh Davies, alias DJ Shadow.
Ce dernier signera le premier maxi orienté hip-hop du
label, In Flux, disque désormais culte qui annonçait
l'arrivée d'un abstract hip-hop expérimental et
ouvert. Mo'Wax continue depuis
dans cette direction, où le jazz et le hip-hop se mêlent
aux musiques ambient électroniques (les compilations
Headz sont assez représentatives
de la tonalité de ce label).
En 1994 Bristol est de nouveau au centre des préoccupations: Portishead sort son premier album Dummy, ou le trip-hop se découvre une âme mélancolique. Originaire cette même ville, un certain Tricky (ex Massive Attack) nous prodigue son brutal mais excellent Maxinquaye. C'est alors que le terme trip hop est créé par un rédacteur du magazine Mixmag, en abréviation d'"Abstract hip-hop", et comme allusion aux nappes de synthés atmosphériques de certains morceaux.
Un autre label voit le jour en 1993, il s'agit de Pussy Foot Records. Son créateur est le producteur très en vue Howie B (il a travaillé avec Tricky, Björk, U2...). Des artistes comme Naked Funk ou Sie sont découverts sur ce label funky, hip-hop et atmosphérique.
Un mouvement sans frontières
Bien que le trip-hop soit en très grande partie d'origine
britannique, on trouve de très bons groupes aux Etats-Unis
comme Thievery
Corporation ou Tranquility
Bass, respectivement influencés par le dub et le psychédélisme
des années 60.
En Belgique, on trouve le groupe Hooverphonic et le label SSR/Crammed (Snooze, Juryman VS Spacer). L'Autriche est quant à elle l'une des places les plus réputées pour le lounge électronique, avec notamment Kruder & Dorfmeister, les Sofa Surfers ou encore Waldeck. L'Allemagne n'est pas en reste avec les labels Infracom et Compost (ce dernier abritant les brilliants Jazzanova).
La France quant à elle possède deux atout de taille: le talentueux DJ Cam, surnommé l'homme qui fait pleurer les platines remarqué avec les albums Underground Vibes (1995) et Substances(1996), ainsi que le duo La Funk Mob, signé sur Mo'Wax. D'autre part, toute une scène s'est dévellopée, parfaitement représentée par les compilations Source Lab et le label Yellow Production (Mighty Bop, La Yellow 357). 1998 aura vu quant à elle la naissance d'un nouveau label français de qualité, sobrement baptisé Catalogue (Avia, Williams Traffic, Telepopmusik).
Les nouveaux
Créé en 1996 à Bristol, le label Cup Of
Tea s'est depuis illustré par une ligne directrice de
qualité, redéfinissant toute la musique des années
70 (soul, reggae, musique de film) au goût du jour. Rythmes
mat et nappes étranges caractérisent le "son"
Cup Of Tea, avec des groupes comme Statik Sound System, Receiver, Monk & Canatella ou Crustation. Hélas le label semble
avoir fermé boutique en 1999. Dommage.
Toujours à Bristol, Massive Attack a aussi fondé sa maison de disque: Melankolic. Signalons juste les talentueux Alpha et Craig Armstrong, véritable révélations de 97.
De nombreux autres labels, moins marqués trip-hop, mais tous aussi intéressants, existent aussi en Angleterre: Grand Central (orienté hip-hop/soul avec notamment Rae & Christian et Aim), Wall Of Sound (les adeptes du big beat Propellerheads, Akasha ou Les Rythmes Digitales dans un autre registre), Warp (plus électronique, avec Plaid, Aphex Twin, Boards Of Canada mais aussi Nightmares On Wax par exemple), Ninja Tune (au son indéfinissable, voir Coldcut, The Herbaliser ou Mr Scruff), Pork Records (qui abrite Fila Brazillia).
Florian, 1998
